QU’EST-CE QU’UNE UTILISATION ETHIQUE DE L’ENNEAGRAMME ? Par Michel Sorrentino
Je débute par une pensée d’une dame africaine dont j’ai perdu le nom et qui a dit : « Etre égal ne signifie pas être identique. La notion d’égalité est une notion éthique, C’est une exigence morale qui naît du fait de l’existence des différences
C’est en fait la différence qui fonde la notion même d’égalité. » L’éthique a deux origines étymologiques grecques : - « éthos » qui veut dire « norme, coutume ou habitude nées du respect et de la mesure » - et « ithos » qui veut dire « tenue de l’âme » en relation avec nos vertus, nos qualités essentielles L’éthique est donc une science sociale qui tient compte du « éthos » et du « ithos » afin que l’homme agisse pour bien conduire sa vie. S’il y a accord entre son âme et ses actes, cela se traduit par de l’harmonie ressenti par lui, par les autres autour de lui et par l’environnement. La notion d’égalité dans la différence est une notion éthique car elle exige : - d’aller vers de l’Amour inconditionnel - d’aller vers des pratiques produisant de l’harmonie là où il y a mal être produit par les jugements, les projections de notre ego. Dans ma pratique d’accompagnant ou d’enseignant en EN je ne considère pas l’éthique comme un absolu mais comme un chemin intérieur, un processus continu qui consiste : - à ouvrir sa conscience c a d à ramener au conscient des compréhensions qui étaient dans l’inconscient. Peut-on être éthique si l’on n’est pas conscient ? Je ne crois pas. - puis quand j’ouvre ma conscience, je me trouve sur un terrain nouveau et c’est là qu’il est important d’avoir la volonté de mettre l’attention sur ce chemin intérieur qui va produire à terme un ressenti d’harmonie en soi, chez les autres et dans l’environnement. Pour prendre un exemple important dans les stages, la découverte de son archétype peut changer sa vie s’il a été découvert par « lui-même » avec ses 3 centres : - avec son cœur - ses tripes - et son mental Cela produit un choc, une émotion et une compréhension profonde de notre fonctionnement depuis petit jusqu’à nos jours. Puis par miroir avec les autres stagiaires il y a une compréhension des différences qui produit de la compassion au niveau du cœur et de l’harmonie au niveau du corps et dans le groupe. Se dégage alors au niveau du groupe ce que j’appelle une « âme collective » c a d que chacun apprend de chacun avec amour et humour et c’est à ce moment là que l’on approche cette notion d’égalité dans la différence. Pour en arriver à cet état, l’accompagnant a un long chemin à parcourir, il s’agit à mon sens de : - faire un travail en profondeur pour mettre en retrait son ego pour faire le moins possible de projections et d’inductions par rapport à l’archétype d’une personne - acquérir un savoir être qui met un cadre naturellement, pour cela il est important de cultiver 3 qualités archétypales « force », « amour » et « créativité » … - pratiquer des exercices qui amènent à un état modifié de conscience pour favoriser l’émergence d’éléments inconscients. Il y a là un savoir être et un savoir faire qui amènent ensuite à cet état d’ « intelligence collective » - Il est important aussi que l’accompagnant utilise et fasse utiliser les 3 centres. Pour ma part à certains moments, je privilégie de faire développer une attitude à sentir ce qui se passe dans notre corps. En effet l’EN et d’autres traditions spirituelles considèrent l’être humain sur 3 plans : • le plan physique, le corps • le plan psychologique, l’ego où les défauts sont liés à des qualités. C’est le plan de la dualité.